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Le ministère des Finances organise un séminaire sur les recettes non fiscales : enjeux et perspectives

lun 18/05/2026 - 12:43
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Le ministère des Finances a organisé, ce lundi matin à Nouakchott, la deuxième édition du séminaire annuel consacré aux recettes non fiscales, placée cette année sous le thème : « Les recettes non fiscales : enjeux et perspectives ».

Ce séminaire constitue une plateforme d’échange et de réflexion réunissant les différents acteurs concernés afin d’élaborer une vision commune sur l’avenir des recettes non fiscales et leur rôle dans la consolidation de la stabilité financière et le soutien au développement. Le programme prévoit notamment la présentation du bilan des actions menées par la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique dans le domaine des recettes non fiscales, l’identification des acquis et des défis existants, l’examen de l’interopérabilité des systèmes d’information, ainsi que des exposés des secteurs concernés, en particulier ceux de la pêche, de l’énergie et des mines.

À travers cette rencontre, le ministère des Finances ambitionne d’aboutir à des recommandations concrètes et à une feuille de route claire et opérationnelle permettant de renforcer les réformes en cours et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour améliorer la mobilisation et la performance des recettes non fiscales, au service des objectifs de développement économique et social du pays.

Dans son allocution prononcée à cette occasion, le Secrétaire général du ministère des Finances, M. Mamadou Abdallah Diallo, a indiqué que l’organisation de ce séminaire s’inscrit dans le cadre des réformes engagées pour renforcer la soutenabilité des finances publiques et diversifier les sources de financement du budget de l’État. Il a souligné que les données issues des rapports du Trésor public montrent une amélioration notable de la mobilisation des ressources publiques au cours des dernières années, soutenue par le renforcement des mécanismes de suivi et de transparence.

Il a ajouté que les recettes non fiscales occupent désormais une place croissante dans la structure des ressources de l’État, grâce à la diversité de leurs sources, notamment les revenus du secteur de la pêche, les ressources minières, les dividendes des entreprises publiques, ainsi que les revenus issus du patrimoine de l’État et des services administratifs. Il a précisé que ces recettes ont atteint, l’année dernière, 29,4 milliards d’ouguiyas nouvelles, enregistrant une hausse de plus de 6,7 %, ce qui reflète la poursuite de la dynamique positive de cette composante essentielle des ressources publiques.

Selon lui, cette évolution traduit le succès des politiques publiques visant à améliorer l’efficacité du recouvrement des ressources et illustre l’impact positif des réformes structurelles engagées dans le cadre de la modernisation des finances publiques, du renforcement de la gouvernance et de l’amélioration de la transparence dans la gestion publique. Il a rappelé que cette orientation s’inscrit dans la vision stratégique du Président de la République, Son Excellence M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, mise en œuvre par le gouvernement du Premier ministre, M. Mokhtar Ould Diay, qui fait de la mobilisation des ressources internes un levier essentiel du financement du développement économique et social.

Le Secrétaire général a toutefois souligné que, malgré ces avancées, plusieurs défis demeurent, notamment en raison des fluctuations des marchés internationaux et de la dépendance d’une partie de ces ressources à des secteurs extractifs. Cela nécessite, selon lui, d’intensifier les efforts pour élargir la base productive des recettes non fiscales, renforcer la valorisation durable des ressources naturelles, développer les mécanismes de digitalisation et de suivi, consolider les principes de transparence et de redevabilité, et améliorer les performances des entreprises publiques.

Pour sa part, le Directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique, M. Yahya Ould Sid’Ahmed, a affirmé que la tenue de ce séminaire pour la deuxième année consécutive traduit une volonté institutionnelle claire et un engagement constant de la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique dans la mise en œuvre d’une approche de réforme intégrée visant à moderniser le système de mobilisation des ressources publiques, améliorer les niveaux de recouvrement, renforcer la transparence et développer les cadres juridiques, réglementaires et informatiques liés aux recettes non fiscales.

Il a expliqué que ces recettes constituent aujourd’hui un levier stratégique pour le financement des politiques publiques, en raison de leur contribution à la diversification des sources de financement de l’État, mais également de leur rôle dans la valorisation du patrimoine public et l’amélioration de la gouvernance des ressources publiques. Il a également souligné qu’elles sont moins sensibles aux fluctuations économiques que certaines recettes fiscales, ce qui leur confère une importance particulière dans le renforcement de la stabilité financière de l’État.

Il a rappelé que la loi organique relative aux lois de finances insiste sur la nécessité de mobiliser l’ensemble des ressources de l’État selon des critères de transparence, d’efficacité et de performance, faisant du développement des recettes non fiscales un axe central des réformes des finances publiques. Il a toutefois averti que les résultats positifs obtenus ne doivent pas occulter les défis structurels persistants, notamment la multiplicité des systèmes d’émission des titres de recettes, l’hétérogénéité des modèles entre les secteurs, le manque d’intégration entre les systèmes d’information sectoriels et le système comptable central, ainsi que la nécessité de renforcer le cadre juridique et réglementaire encadrant les opérations de recouvrement et de suivi.

De son côté, le chef de coopération de la Délégation de l’Union européenne, M. Wim Vandenbroucke, a indiqué que le programme d’appui à la gouvernance financière et administrative en Mauritanie, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France, constitue une coopération ambitieuse entre l’Union européenne et le gouvernement mauritanien.

Il a salué l’engagement constant de la Mauritanie en faveur de la modernisation des finances publiques et de la diversification des sources de revenus, soulignant que le renforcement de la mobilisation des ressources nationales est essentiel pour stimuler les recettes non fiscales, notamment les frais administratifs, les revenus du domaine public et les dividendes des entreprises publiques, qui représentent des leviers importants pour réduire la pression fiscale et limiter le recours à l’endettement.

Dans une déclaration à l’Agence Mauritanienne d’Information, le Directeur des recettes et de la caisse centrale du Trésor public, M. Taleb Ould Agatt, a indiqué que ce séminaire constitue un espace d’échange entre les différents secteurs générateurs de recettes non fiscales afin d’améliorer ce type de ressources, qui a connu une progression significative ces dernières années, atteignant en 2025 près de 300 milliards d’anciennes ouguiyas.

Il a également précisé que le Trésor public a engagé d’importantes réformes pour améliorer le recouvrement, notamment à travers le développement du système de paiement électronique, dont le nombre d’utilisateurs est passé de 4 593 en 2022 à près de 335 000 en 2025. Cette évolution s’est accompagnée d’une forte augmentation du nombre d’opérations et des montants recouvrés électroniquement, contribuant ainsi au renforcement de l’inclusion financière, à l’amélioration de la qualité du service public et à la consolidation des principes de transparence et de traçabilité dans la gestion des finances publiques.

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